La Fondation de l’APCHQ a choisi d’offrir son soutien aux projets d’habitation à caractère social et communautaire dont, notamment, la Fondation des Auberges du cœur du Québec.

Cet organisme vient en aide à des milliers de jeunes dans le besoin, dont Karine qui nous offre son témoignage.

REPLACER CHAQUE MORCEAU DE SOI…

Sans les Auberges du cœur, je serais morte aujourd’hui. J’ai fait de la prostitution pendant cinq ans, esclave de gangs de Québec et de Montréal.

Une intervenante de rue m’a trouvée en hypothermie, en janvier à moins 40 degrés, en robe soleil. J’étais en fuite, je pesais 88 livres… un cadavre ambulant. J’avais 17 ans. Je venais de l’aéroport, en provenance de la République dominicaine. J’avais été vendue comme prostituée à un Dominicain par un gang de Montréal.

J’étais disloquée, folle, violente, en crise, droguée. Je rentrais de l’enfer.

On m’a reçue à l’Auberge du cœur en urgence et j’y suis restée plus de 18 mois. On m’a reconstruite, morceau par morceau.

Un plan d’intervention sur mesure. On a payé une thérapeute spécialisée pour me désensibiliser. J’avais une peur atroce du noir, des Noirs, de l’eau, des chiens. Je ne dormais presque plus. Si je dormais, je faisais des cauchemars qui me terrassaient.

Ça ne m’était jamais arrivé, autant de soutien moral. Comment quelqu’un pouvait-il croire en moi? Je me souviens des ateliers de connaissance de soi. Je ne me connaissais pas, évidemment. J’avais toujours été celle qu’on voulait que je sois.

Et puis, il y a eu des menaces contre le personnel, on m’avait repérée. Quitter l’Auberge et briser ce lien de protection a failli me plonger dans le vide. Le travail s’est poursuivi dans une autre ressource où m’a envoyée l’Auberge.

J’ai émergé deux ans plus tard, poursuivi mes études. Aujourd’hui, je suis employée chez Desjardins et j’étudie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, en psycho. Sans les Auberges du cœur, je me serais tuée, c’est sûr.

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